23 mars 2021 – A une trentaine de kilomètres de Luchon, Saint-Bertrand-de-Comminges est une ancienne cité romaine devenue haut lieu de pèlerinage sur le chemin vers Compostelle.
DE LUGDUNUM À SAINT-BERTRAND-DE-COMMINGES
De Toulouse au Somport, deux chemins sont possibles : le chemin classique de la Via Tolosana file vers le sud-ouest par la douce campagne gersoise, ou prend plein sud par la Via Garona pour rejoindre Saint Bertrand de Comminges et la voie du Piémont.
La marche avec les Pyrénées en face, par les côteaux aux rives sauvages de la Garonne, Rieux-Volvestre, Saint Bertrand de Comminges (site classé au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle), les passages de vallée en vallée au plus près des montagnes et Lourdes sont quelques-uns des attraits de ce parcours sauvage, engagé et hors des sentiers battus.
Saint-Bertrand-de-Comminges – ou plutôt « Lugdunum » -, est née en 72 avant l’ère chrétienne dans la plaine de Valcabrère qui accueillit en son temps les légionnaires de Pompée.
Aujourd’hui, le village a conservé de nombreux vestiges du site antique de Lugdunum : thermes du nord, forum, théâtre, grand marché couvert, camp militaire…
La construction de la cathédrale est entreprise à la fin du Xème siècle, à l’initiative de l’évêque Bertrand de l’Isle qui meurt en 1123. La cité épiscopale, prenant le nom de son évêque canonisé en 1222, devient Saint-Bertrand-de-Comminges et attire les premiers pèlerins.
Le village devient un haut lieu de pèlerinage sous l’impulsion de l’évêque Bertrand de Got, futur pape Clément V, qui décide de transformer la cathédrale et d’y installer les reliques de son prédécesseur dans un reliquaire bien en vue afin de faciliter la vénération des fidèles.
Cernée de remparts et percée de trois portes, elle rappelle, par ses constructions médiévales, ses nobles demeures et ses maisons à colombages des XVIIème et XVIIIème siècles, quelle cité prospère elle fut jusqu’à la Révolution.
AU PIED DES PYRÉNÉES, UNE ÉTAPE DU PÈLERINAGE VERS COMPOSTELLE
Saint-Bertrand-de-Comminges a retrouvé un second souffle. Touristes et pèlerins viennent en nombre chaque année et se croisent dans la ville haute.
Joyau de l’art romano-gothique, l’imposante cathédrale Sainte-Marie de Saint-Bertrand-de-de-Comminges est bien sûr le point fort de l’étape. On y admire notamment le chÅ“ur avec ses 66 stalles sculptées dans le chêne ou l’exceptionnel orgue d’angle qui attire chaque été les meilleurs organistes du monde lors du Festival du Comminges.
Cliquez sur l’image ci-dessous pour apprécier le jeu de ces orgues: Bach, « Toccata pour orgue – BWV 538 » (enregistrement sur place)
A 2 km en contrebas, la basilique Saint-Just-de-Valcabrère (XIIème siècle), en partie constituée des vestiges de la ville antique, offre un magnifique point de vue sur la cathédrale, le village et les Pyrénées en arrière-plan …
A juste titre, l’ensemble du site Saint-Bertrand-de-Comminges Valcabrère compte parmi les Grands Sites d’Occitanie.
