12 juin 2021 – Une pèlerine qui vient de parcourir le Chemin Orange en totalité, enchantée, a dit au délégué « bien qu’ayant marché avec un « vieux » guide orange de 2018, elle n’a pas trouvé une seule erreur de balisage sur tout le parcours ».
Nous étions informés mais notre opération « balisage » était programmée. Il faisait beau et on avait grande envie de se dégourdir les jambes. Le Haut-Beaujolais est tellement beau. Alors on a rien changé, et on est partis sur le Chemin.
Nous confirmons, Jacques Troncy et moi-même, qui venons de parcourir sur deux jours ce bout de chemin d’un peu plus de 55 kilomètres entre Saint-Jacques des Arrêts et Mars: un balisage au top, et pas d’erreur d’aiguillage malgré notre « vieux vieux » guide Orange de 2009, suivant l’adage qui veut que les cordonniers soient les plus mal chaussés !
Tout juste 4 coquilles remplacées ou ajoutées le premier jour, pour plus de confort (fallait bien justifier notre présence), 2 le deuxième jour car rien de vraiment nécessaire: on ne va pas non plus prendre le pèlerin par la main ! Et un peu de fatigue peut-être !
Jour 1
Le premier jour sur Mars, je retrouve Jacques Troncy, un régional de l’étape; on abandonne une voiture, direction Saint-Jacques-des-Arrêts avec l’autre voiture. Sur le coup des 8h53, nous voilà en chemin, sacs sur les épaules, sous une température idéale pour marcher.
De suite, dans un paysage verdoyant, on en prend plein les yeux. C’est d’abord le Prieuré Saint-Jean-Baptiste de Saint-Mamert (ci-contre à droite).
Et puis, à Ouroux, l’église Saint Antoine, du style bourguignon employé dans les paroisses voisines du célèbre monastère de Cluny. Une église du XIIème siècle portant, sur le toit du clocher, une étonnante étoile juive avec un ostensoir (ci-contre à gauche)
Photo ci-dessous avec nos 2 protagonistes qui ont taillé la bavette, autour d’un café en terrasse, avec une pèlerine ayant déjà rallié Saint-Jacques-de-Compostelle; une première fois à pied, et ce printemps avec son camping-car. Le monde est petit, les pèlerins sont partout !
Pendant deux jours le chemin ne nous a pas fait de cadeau, rappelant que le Haut-Beaujolais, avec ses multiples raidillons (du côté de « Gros bois », par exemple) et autres descentes caillouteuses, c’est casse-pattes; mais on aime tellement ça, et c’est si beau. Ça vous donne pas envie, vous ?
Si le vert dominait, dans toutes ses nuances, le printemps nous offrait une magnifique palette de couleurs avec champs de genêts, bleuets et pisum sativum, pour le nom savant de pois cultivés.
Nous passons, après un petit détour (1,3 km) par la fontaine miraculeuse des pèlerins (voir toute l’histoire dans le fantastique [sic] Guide Orange 2021-2022 disponible pour la modique somme de 14€) menant au toit du Rhône, le mont Saint-Rigaud qui culmine à 1009 ou 1012 mètres selon les sources.
Belle vue à 360° sur tous les monts alentours.
Les kilomètres défilent sur un bon rythme dans une alternance d’échanges nourris et de périodes de recueillement, notamment en montée (étonnant non ?). Sous une température toujours agréable, nous avons rallié Propières au bout de 27,76 kilomètres, par des chemins et petites routes, au milieu des prés et des bois.
Après avoir ravitaillé au Proxi du village (ouvert jusqu’à 20h, on y trouve tout, même des plats cuisinés; mais il ne faut rien oublier car l’hébergement est à 20′, tout en bas d’une longue descente), nous parvenons au gîte communal du plan d’eau, au lieu-dit Azole (référencé dans le new Guide Orange 2021-2022) où nous attend un confortable petit chalet 4 couchages, tout confort, rien que pour nous, avec une superbe terrasse dominant deux plans d’eau (17€ par personne la nuitée).
Mais la madame avait oublié de remonter le disjoncteur du ballon d’eau chaude… alors pas de douche, ou froide, et deux plaques électriques défaillantes. Il a fallu faire chauffer de l’eau dans le micro-ondes pour avoir des pâtes al dente avec notre portion de poulet basquaise. Voilà, vous savez tout 🙂.
Ah, j’oubliais, on s’est endormis sous un formidable concert de coassements ; ce qui est mieux qu’un récital de ronflements (pour Jacques je sais pas, mais moi j’ai rien entendu et bien dormi…😇).
Jour 2
Le lendemain matin, départ 8h22, sous le soleil, pour un bon raidillon jusqu’au col des Écharmeaux. D’entrée, ça met en jambes.
Balisage impeccable, mais il faut se méfier des croix jaunes sur fond bleu de la communauté de communes de Charlieu-Belmont.
Après une succession de montées et de descentes, sous les frondaisons ou en lisière, nous arrivons à la chapelle de Notre-Dame de Fatima, avant Le Cergne…
… et poursuivons jusqu’à Arcinges et la chapelle des Trois Croix (après une vingtaine de kilomètres non-stop, l’estomac dans les talons, ça commençait à tirer un peu) pour une modeste collation sur l’aire aménagée de tables et bancs, ombre ou soleil au choix, dans un silence royal.
Après le casse-croûte, sous la chaleur et quelques raidillons sévères, le démarrage fut difficile; les jambes s’étaient refroidies, et avec un climat lourd, l’orage grondait pas loin. Des gouttes commencèrent à tomber dans le bois, après le pont de Mars, et l’on craignit la rincée pour les 600 mètres de montée finale sur Mars. Mais non, jusqu’au bout le ciel fut clément avec nous.
Après 27,5 kilomètres ce deuxième jour, nous fûmes quand même bien contents de retrouver la voiture et d’enfiler des chaussures plus légères.
Tout étant fermé sur Mars (d’accord, je l’ai déjà faite celle-là !), cette belle aventure pris fin chez Marie-Agnès (sympa), à l’Auberge des Tilleuls du col des Écharmeaux, avec une bière bien fraîche et méritée, en terrasse et sous le soleil.
En résumé, peu de travail avec ce balisage impeccable (merci à l’équipe des baliseurs du Rhône), juste une physique et agréable randonnée avec l’ami Jacques, un marcheur curieux et infatigable, avec qui j’aurai plaisir à cheminer de nouveau. Amitiés jacquaires !
Bernard – Resp. Chemins & Balisage ARA-Rhône
Tout est dit : nous n’avons été que des contrôleurs des baliseurs qui nous ont précédés dans le travail … Tout était ‘Nickel-Chrome’. Jamais d’hésitations. Nos interventions étaient vraiment pour fignoler les détails.
Rappelons tout de même qu’il y a aussi sur le parcours (après le col des Echarmaux) des macarons pour un circuit pédestre local de la région Charlieu – Belmont-de-la-Loire, fond bleu clair avec les directions en jaune qui peuvent parfois prêter à confusion.
En fait deux étapes pour pèlerins comme nos ancêtres auraient pu en rêver, eux qui devaient deviner le chemin, éviter les loups, les brigands, les routiers… et soigner leurs ampoules occasionnées par leurs soques ou les échardes de leurs pieds nus, si le lavement des pieds leur étaient donnés à l’étape par un moine vertueux…
Promenade de luxe avec un compagnon grand marcheur. Le rêve en somme, en particulier pour un régional de l’étape ravi de parcourir des chemins de son enfance ! et qui avait gardé son vieux guide orange acquis pour rallier Vézelay via Cluny à son domicile près de Roanne en 2010.
Bernard, tu es gentil en disant que je suis curieux et infatigable; certain(es) aurait dit que je suis un bavard impénitent ! [NDLR: mais non, mais non…]
Mais on ne se refait pas 🙂
A un prochain balisage
Jacques
