13 mai 2021 – La raison sociale de l’ARA est officiellement enregistrĂ©e au 5 place Saint-Jean, dans le 5ème arrondissement de Lyon.
Une adresse prestigieuse face Ă la Primatiale Saint-Jean-Baptiste, mais aussi une place tout-Ă -fait singulière au cĹ“ur d’un quartier historique et touristique.
Au 5 de la place Saint-Jean se dresse aujourd’hui une grosse maison ancienne crĂ©pie d’ocre, de style Renaissance; une belle porte rappelle qu’il y a eu ici – et encore aujourd’hui – une Maison des Associations, notre adresse postale et statutaire !
L’entrĂ©e de la MJC du Vieux-Lyon se trouve 30 mètres plus haut, rue de la Brèche.
L’histoire de cette place est nettement plus ancienne…
Au cœur du Lyon de la Renaissance
La place Saint-Jean est la place principale du Vieux Lyon. Elle s’ouvrait dĂ©jĂ au nord du groupe cathĂ©dral, comme le montre le plan ci-contre datant du règne de François 1er.
La place dessine un quadrilatère assez régulier, elle est entièrement pavée. Au centre, la fontaine de pierre abrite une belle statue de 1844 par Bonnassieux, représentant Saint Jean-Baptiste donnant le baptême à Jésus Christ.
L’est de la place est occupĂ© par deux des monuments les plus remarquables de Lyon, la Primatiale et la ManĂ©canterie; celle-ci est le plus vieil Ă©difice civil de la ville avec des arches carolingiennes insĂ©rĂ©es dans un ensemble du 9e siècle souvent remaniĂ© depuis.
La façade de la cathĂ©drale est bordĂ©e d’un banc de pierre oĂą s’assoient les touristes pour admirer Ă l’ombre, une belle vue sur la colline de Fourvière.
Les maisons entourant la place ont le style du Vieux Lyon avec trois, quatre ou cinq Ă©tages, et datent du 19e siècle ou d’avant. Au sud, se trouve un immeuble Ă la massive façade datant du 20e siècle: il faut penser Ă aller dans un recoin en contrebas pour admirer la porte somptueuse de l’Ă©cole Saint-Joseph.
Au nord commence la rue Saint-Jean, très prisée des badauds.
Une histoire tumultueuse
Si la Primatiale pourrait Ă elle seule faire l’objet de mille et une anecdotes, et d’une Ă©tude minutieuse comme celle de ses rares et fameux polylobes (cliquer), la place Saint-Jean est elle-mĂŞme riche de faits historiquement reconnus par les chroniqueurs de toutes Ă©poques.
Ainsi, le jour de la saint ClĂ©ment 1305, une bagarre Ă©clata au cours d’un banquet devant Saint Jean, le frère du pape ClĂ©ment V fut tuĂ©…
Jean XXII a Ă©tĂ© couronnĂ© pape Ă Saint Jean le dimanche 5 septembre 1316; en 1394, c’Ă©tait le tour de ClĂ©ment VII.
En 1504, une terrible sĂ©cheresse amena les habitants des alentours Ă venir Ă Lyon, soit en procession, soit pour s’y rĂ©fugier ou y mourir.
En 1536, Sebastiano de Montecuccoli, comte piémontais et commissaire de Charles Quint, fut châtié sur la place et condamné à crier son pardon à Dieu, au roi et à la justice pour avoir empoisonné le Dauphin du roi François 1er.
Sous la Révolution, on y planta un arbre de la liberté en 1794, et la place devint durant quelques années celle du « Temple de la raison ».
Le 5 avril 1834, six mutualistes devaient ĂŞtre jugĂ©s place Saint-Jean. Le juge menaça d’un renvoi Ă huis clos, la foule assaillit un tĂ©moin Ă charge, puis le procureur, puis un brigadier, les magistrats durent s’enfuir par derrière. Le 8 avril, les autoritĂ©s Ă©taient Ă l’archevĂŞchĂ©, les troupes sur tous les ponts et les points clefs de la ville, des barricades furent montĂ©es tout autour de la place Saint Jean.
Martin Luther King est venu en 1966 à la cathédrale de Lyon.
De nos jours, un paisible et colorĂ© marchĂ© international de poteries et de cĂ©ramiques s’y tient chaque annĂ©e: le « marchĂ© des Tupiniers ».
Tout comme chaque 8 dĂ©cembre, pour la FĂŞte de l’ImmaculĂ©e Conception, une fervente procession part de la place Saint-Jean pour monter vers la basilique de Fourvière; elle est suivie d’une spectaculaire projection-laser sur la façade de la cathĂ©drale dans le cadre des FĂŞtes des Lumières.
On y trouve aujourd’hui:
- l’entrĂ©e de l’Ă©cole Saint Joseph et la cure de la paroisse
- une boutique de cartes postales de collection et une autre de cadeaux
- Deux restaurants
- Une herboristerie fondée en 1849.
La place Ă la Belle Epoque
Au dĂ©but du XXè siècle, la place Saint-Jean ressemble dĂ©jĂ beaucoup au visage qu’elle montre aujourd’hui, les cartes postales de 1900 en tĂ©moignent.
Bien visible, notre Maison des Associations Ă©tait dĂ©volue Ă la confection de tailleurs (Maison Dumas) et Ă l’orfèvrerie de table (Maison Santucci-Thiebaut), entre autres activitĂ©s de bouche et d’artisanat.
Une terrible catastrophe
Lyon sait que les pentes de ses collines sont instables.
Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1930, vers une heure du matin, un important glissement de terrain dĂ©truisit plusieurs immeubles adossĂ©s Ă la colline de Fourvière, Ă l’ouest de la place Saint-Jean. Le drame se produisit MontĂ©e du Chemin Neuf et rue Tramassac. Les habitants furent surpris en plein sommeil.
Le quartier s’est retrouvĂ© privĂ© d’Ă©lectricitĂ© et les secours se sont rapidement rendus sur les lieux pour porter assistance aux habitants piĂ©gĂ©s dans les dĂ©combres de leurs habitations. Deux heures plus tard, un autre glissement ensevelit cette fois-ci des sapeurs-pompiers et des membres des forces de l’ordre. Ce sont 25 000 mètres cubes de terre qui se sont Ă©croulĂ©s… Des bâtiments ont Ă©tĂ© coupĂ©s en deux par l’Ă©boulement, d’autres ont Ă©tĂ© emportĂ©s par la terre et les cailloux, jusqu’en contrebas.
Les pluies abondantes de l’Ă©tĂ© et de l’automne 1930 sont la cause directe de la catastrophe.
Un quartier sauvé de justesse de la destruction
Ă€ la sortie de la guerre, le Vieux Lyon est un endroit dĂ©laissĂ©, mal famĂ© et insalubre. Dès 1960, Louis Pradel, surnommĂ© le dĂ©molisseur – on lui doit l’immonde Ă©changeur Perrache et le tunnel de Fourvière – veut raser le Vieux Lyon. Son but est de construire une bretelle d’autoroute pour amener les voitures en centre ville. Elle serait passĂ©e derrière l’actuelle MJC… (en haut Ă gauche de la photo aĂ©rienne).Â
Notre grosse maison de la place Saint-Jean Ă©tait Ă©galement promise Ă la destruction, suite au dĂ©part de la plupart de ses habitants et Ă l’arrĂŞt de ses activitĂ©s artisanales, Ă l’exception d’un petit restaurant restĂ© ouvert sur la place.
Grâce à la Loi Malraux, le Vieux Lyon est baptisé secteur sauvegardé en 1964, et classé au patrimoine de l’Unesco en 1988.
Notre adresse de prestige fut ainsi sauvée !
